Restitution des biens spoliés : la CIVS et ses partenaires internationaux mobilisés à Paris
Publié le 14/09/2026 - Mis à jour le 16/09/2026
Le 8 septembre 2026, le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a accueilli à Paris la 4ᵉ réunion annuelle du Réseau des Envoyés spéciaux pour la restitution des biens spoliés durant la Shoah. L'événement était coorganisé par Isabelle Rome, Ambassadrice pour les droits de l'homme et les questions internationales liées à la Shoah, et Mark Weitzman, Directeur des opérations de la World Jewish Restitution Organization (WJRO).
Un réseau international mobilisé pour la justice et la mémoire
Créé en 2022 par le WJRO et le Royaume-Uni, ce groupe informel rassemble aujourd'hui 14 États membres (Allemagne, Autriche, Canada, Croatie, États-Unis, France, Grèce, Israël, Luxembourg, Moldavie, Pays-Bas, République tchèque, Roumanie et Royaume-Uni). Après Londres, Washington et La Haye, cette édition parisienne a permis de faire le point sur les avancées nationales et les coopérations internationales en matière d'identification, de restitution et d'indemnisation.
Ce réseau a notamment permis la rédaction des « Meilleures pratiques », un ensemble de recommandations concrètes destinées à clarifier et à renforcer la mise en œuvre des Principes de Washington de 1998, aujourd'hui appuyées par 35 États.
La CIVS au cœur des évolutions législatives françaises
À l'occasion de cette rencontre, la CIVS, représentée par sa directrice Johanna Barasz, a présenté le bilan de son action ainsi que les avancées permises par la loi de juillet 2023. Ce texte majeur crée une dérogation générale et permanente au principe d'inaliénabilité des collections publiques, permettant d'accélérer la sortie et la restitution des œuvres spoliées entre 1933 et 1945 conservées dans les musées nationaux.
L'IA et la recherche archivistique
Les échanges ont également mis en avant l'apport des nouvelles technologies et la coopération entre musées. Une table ronde dédiée à l'intelligence artificielle a notamment permis de présenter des outils innovants, tels que SpoliAI, développé avec le Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, et la base de données Spolivre consacrée aux livres spoliés. Ces technologies permettent d'analyser des milliers d'images d'archives diplomatiques et de recoupements de marques de provenance pour accélérer l'identification des œuvres dispersées.
La journée s'est conclue par une visite du Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (mahJ), partenaire précieux dans la restitution de biens culturels et d'objets de culte (Judaïca).