Sept ouvrages appartenant à Marc Bloch restitués

Published on 03/06/2026

Le 28 mai 2026, trois bibliothèques allemandes situées à Berlin, Francfort-sur-le-Main et Greiz ont restitué aux ayants droit de Marc Bloch sept ouvrages spoliés à l’historien et résistant français sous l’Occupation. Présidée par l’Ambassadeur de France en Allemagne M. François Delattre, la cérémonie s’est déroulée en présence d’une partie des représentants des ayants de Marc Bloch.

Mis au ban de la société du fait des législations antisémites prises par le gouvernement français sous l’Occupation, interdit d’exercer son métier de professeur en Sorbonne, Marc Bloch a été persécuté, spolié de ses biens, contraint de rejoindre la zone libre. Marc Bloch, son épouse Simonne Vidal et leurs six enfants louaient depuis 1929 un appartement au 17, rue de Sèvres, dans le 6e arrondissement de Paris. Le 23 décembre 1941, l’appartement du « professeur juif » Marc Bloch a été réquisitionné par les forces d’occupation. Sa bibliothèque qui comprenait de 5000 à 7000 ouvrages a été saisie au mois d’avril 1942.

Lors de cette cérémonie de restitution, la CIVS était représentée par son vice-président M. Christophe Devys, sa directrice Mme Johanna Barasz, le responsable de son service de coordination des recherches M. Vincent Tuchais, ainsi que par l’antenne de la commission à Berlin. Si l’Ambassadeur de France en Allemagne a salué « un geste fort en faveur de l’amitié franco-allemande » , Christophe Devys a rappelé qu’il relevait de la « responsabilité de la République française de restaurer aujourd’hui, même symboliquement, le principe de justice, là où, durant la Seconde Guerre mondiale, il a été dévoyé ». Le vice-président de la CIVS a par ailleurs mentionné l’importance de la recherche des ayants pour les restitutions culturelles, a apporté le soutien de la commission au Deutsches Zentrum Kulturgutverluste, son partenaire en Allemagne, face à la montée du révisionnisme et des mouvements antidémocratiques ; M. Devys a enfin rappelé que le travail de la CIVS et de ses partenaires visait avant tout à rendre aux familles et aux ayants droit une part de leur histoire : « Ce qui compte, au-delà de la qualité matérielle des objets rendus, ce sont les histoires, les biographies et les visages que l’on déchiffre dans l’ombre des livres, des tableaux ou des sculptures rendus à leurs propriétaires légitimes. Ce sont les souffrances et les injustices qu’ils ont vécues, et dont on répare  une infime partie. Mais, qu’il s’agisse d’un chef d’œuvre artistique ou d’un simple ouvrage sans valeur marchande particulière, les services de l’État agissent avec le même engagement, avec la même constance, avec la même volonté de raviver la mémoire des victimes du national-socialisme et du gouvernement de Vichy. »

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